Jean-René Loubat
Jean-René LOUBAT, psychosociologue, docteur en sciences humaines, est consultant et formateur libéral auprès des institutions sanitaires, sociales et médico-sociales.

Il a été enseignant aux Facultés Catholiques de Lyon, conseiller pédagogique à l'INFIP, chargé de cours en Sciences de l'Éducation (Lyon II), conseiller technique au CREAI Rhône-Alpes, formateur à l'Institut de Formation des Cadres de Santé de l'Hôpital du Vinatier de Lyon, conférencier en Sciences Sociales à l'École de Management de Lyon, ainsi que dans diverses écoles de travail social.

Il a produit de nombreux ouvrages personnels, comme Élaborer son projet d'établissement, Penser le management, etc. et contribué à divers ouvrages collectifs. Il écrit également des ouvrages d’aventures pour la jeunesse.

  Dernière parution

Motiver les équipes en travail social .
Auteurs : Jean-René Loubat, François Charleux, paru en mai 2017, 175 pages, Éditions ESF

+ d'info

Accompagner le changement des institutions & des hommes
Dernières réflexions

« Une rationalisation attendue ou redoutée»

Article paru dans ASH n° 3001, 10 mars 2017.

L'équipe SERAFIN-PH2 et le Groupe technique national3 mènent une mission étalée sur plusieurs années afin de proposer une réforme de la tarification médico-sociale. Pour comprendre la portée de ces travaux, qui interroge la logique toute entière de l'action médico-sociale, il s'avère indispensable de recontextualiser la question du financement.

Le choc de simplification, c'est pour quand ?

Nombre d’acteurs de l’action médico-sociale, qu’il s’agisse de fonctionnaires, d’élus, d’administrateurs, de dirigeants et de praticiens, cherchent des réponses très opérationnelles à une préoccupation d’ensemble : comment rendre les organisations de se secteur à la fois plus efficientes, plus cohérentes, plus lisibles et plus simples ? En effet, les évolutions actuelles se présentent souvent comme de nouvelles exigences administratives, des surcharges de travail, bref, de la complexité supplémentaire (qui descend en cascade le long des organigrammes), alors que nous avons tant besoin d’une plus grande rationalisation.
Plus précisément, les enjeux de cette dernière sont les suivants :
- comment produire et faire vivre des outils partagés d’évaluation des situations et des besoins des populations bénéficiaires, ainsi qu’une méthodologie commune de suivi des parcours et des projets entre les divers professionnels en évitant la compilation en mille-feuille ?
- comment faire évoluer encore davantage le rôle des coordinateurs de parcours et de projets en les transformant en véritables pilotes de l’accompagnement des personnes en situation de handicap ? Et comment articuler leur action avec celle de la MDPH ? - comment introduire une continuité cohérente et lisible entre l’accompagnement des projets et des parcours des personnes bénéficiaires, l’organisation des processus et actes professionnels et un mode de tarification ?
- comment articuler les préoccupations de la puissance publique, celles des opérateurs – le plus souvent associatifs – et celles des bénéficiaires et de leurs groupements représentatifs ?
Dans les faits, de l’aveu même de nombreux dirigeants d’ESMS, le projet de vie4 et le projet d’accompagnement personnalisé ne parviennent pas toujours à constituer une « boussole commune » pour l’ensemble des professionnels intervenants, et le parcours est encore une notion trop exogène ; l’organisation des divers dispositifs propres à chaque champ disciplinaire prend encore souvent le pas sur les parcours et projet des personnes bénéficiaires.
Ces constats expliquent pourquoi les organisations sociales et médico-sociales disposent souvent d’une myriade d’outils (parfois autant que de praticiens) qui se superposent, se télescopent, et ne sont de surcroit pas forcément compatibles avec ceux proposés par l’administration. De même que les projets personnalisés informatisés prévoient dans la plupart des cas des rubriques qui ne sont pas en lien direct avec les prestations énoncées dans le contrat de séjour, elles mêmes étant dissociées des actes professionnels réellement réalisés, voire encore différentes de la nomenclature du rapport d’activité…
Bref, il est impératif de simplifier, c’est-à-dire de retrouver une ligne de continuité et de cohérence, aussi bien sémantique, pratique qu’économique, entre les projets de vie et attentes des personnes, les parcours souhaités, les compétences des bénéficiaires que l’on cherche à faire progresser, les réponses que l’on peut leur apporter, les ressources nécessaires pour se faire, l’organisation et le management adaptés, et enfin une tarification qui se soit de plus en plus précise, pertinente et lisible.

 

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